Safari sous l'oreiller : épisode 8
Fausse piste
Louis Lopparelli
1/2/202612 min read


Pendant une heure et demie, l’agitation fut à son comble. Les poulets jouaient aux cartes tandis que le ministre enchaînait les coups de fil. Le préfet de police me cuisina tout le temps que dura cette attente. Je lui répétai ce que j’avais expliqué la veille au faux Salazar Graham : le plus prudent était d’intervenir le moins possible dans le rêve, de ne pas chercher à modifier son scénario ; il ne fallait surtout pas qu’Odilon s’aperçût qu’il était en train de rêver, etc. Le ministre de l’Intérieur revint dans la pièce :
- Je viens de m’entretenir avec le président du conseil et avec le Négus. Nous sommes peut-être à l’aube d’une gigantesque révolution dans l’histoire humaine. Nous frottons nos babouches sur le paillasson du Mystère, de l’Ailleurs absolu. Le rêve d’Odilon Grenouillère de Sainte-Berge peut faire de nous la nation la plus puissante du monde, une nation capable de siroter dans cette dimension parallèle le nectar d’un pouvoir inédit et sans limite. Tout ce que nous pourrons extraire de cette caverne de merveilles peut contribuer hautement à notre richesse et à notre force. Qui sait quels trésors et quelles monstruosités couve l’inconscient d’un homme ? Nous glanerons peut-être dans ces abysses des armes formidables, des inventions nouvelles, des idées géniales, des vérités insoupçonnées. Votre première mission est d’assurer notre sécurité, à monsieur le préfet et à moi-même, mais la seconde est de rapporter ici-bas tout ce que vous pourrez trouver de précieux et d’intéressant. Ne sous-estimez aucun détail. Si un objet, un animal, un minéral, un végétal, un personnage vous paraissent étranges, emparez-vous en. Une équipe de scientifiques se chargera d’analyser les échantillons que nous leur ferons parvenir à notre retour. Qui sait si nous ne tomberons pas sur une énergie d’un nouveau genre, qui nous dispensera pour toujours d'importer de pétrole ou de gaz ? Ou si nous ne dégotterons pas un métal plus précieux et plus rare que l’or, qui pourrait devenir le nouvel étalon monétaire mondial ? Ou même des femmes si belles que les plus grands princes de la terre seraient prêts à vendre la moitié de leur royaume pour les épouser ? Soyez donc extrêmement attentifs et vigilants, car les risques sont nombreux et imprévisibles. Vous m’avez compris ?
- Oui monsieur le Ministre, répondirent-ils tous en chœur.
- Alors, à l’abordage, messieurs !
- HOURRA ! HOURRA ! Vive le Négus ! Vive la République ! Vive le Panchoustan !
Les policiers d’élite plongèrent l’un après l’autre dans le trou, suivis par le ministre, le préfet, le brigadier et les deux journalistes. Inspirant profondément, je sautai à leur suite.
Nous étions tous assis sur les bancs d’une grande salle d’attente. Autour de nous, une centaine de personnes patientaient, sans s’étonner de notre arrivée. Une immense horloge nous surplombait, au bout de la salle, indiquant qu’il était midi / minuit. Tous les regards étaient tournés, nerveux, vers de lourds rideaux violets devant lesquels, penché sur un guichet, une sorte d’infirmier en blouse blanche consultait d’épais dossiers. Je me levai légèrement pour l’observer et le reconnus aussitôt : il s’agissait du pizzaiolo Mario Marinacci, que j’avais croisé lors du premier rêve odilonesque où je m’étais trouvé immergé. De temps à autre, Marinacci appelait un numéro, et quelqu’un dans la foule se levait précipitamment pour accourir vers le guichet. La personne s’entretenait à voix basse avec l’infirmier-pizzaïolo, puis, après avoir déposé une pièce de monnaie sur sa langue, se faisait tamponner la main et disparaissait derrière le rideau. Je vis que je tenais moi aussi dans ma main un ticket avec un numéro : “2001”. Je cherchai Odilon du regard. Je l’aperçus à quelques bancs de moi, en costume-cravate, à lutiner une jeune femme blonde qui gloussait en palpitant des oreilles. Narguile Khaloud se trouvait aussi dans la salle ainsi que le faux Salazar Graham, alias Tugdual von Strabt. Pas de Delphica Jones en revanche. Le préfet se trouvait à côté de moi et faisait signe à ses hommes de se tenir tranquilles et de cacher leurs armes. Marinacci appela le numéro “1789”. Après une courte hésitation, le ministre Varan-Beaulieu se leva : c’était son numéro. Il avança vers le guichet. Deux policiers se levèrent pour l’accompagner, mais Marinacci les rabroua :
- Vous vous lèverez quand j’appellerai votre numéro.
Après avoir de nouveau hésité, le ministre de l’Intérieur leur ordonna d’un geste de se rassoir. Marinacci lui murmura quelques mots à l'oreille. Le ministre sortit de sa poche une pièce de monnaie et la déposa sur la langue du pizzaiolo-infirmier. Puis, il s’engagea derrière le rideau, nous jetant un regard angoissé. Charles Trenet entra alors dans la salle, s’écriant :
- Où est-il, ce scélérat ?
Il aperçut Odilon.
- Ah, le voilà !
Il sortit de son veston le revolver avec lequel il avait abattu Odilon lors du dernier rêve et fit feu dans sa direction. Odilon roula habilement sous une table, esquivant les balles en forme de cœur. Deux policiers d’élite se ruèrent sur Charles Trénet et le plaquèrent au sol. Une alarme assourdissante résonna et toutes les personnes présentes se mirent à bondir et à courir dans tous les sens, soulevant de babyloniens remugles. Une dizaine de personnes s’emparèrent du préfet de police pour le passer à tabac et une énorme rixe s’engagea entre les assaillants et les policiers chargés de la sécurité du préfet. Je vis Odilon ramper vers le rideau. Je le suivis, accompagné par trois policiers. Odilon glissa de l’autre côté du rideau, mais Marinacci vint à notre rencontre.
- Attendez qu’on appelle votre numéro !
Un des policiers lui décocha un coup de pied dans la mâchoire qui l’expulsa contre le guichet, assommé. Nous traversâmes les rideaux. Nous fûmes enveloppés par une bouillante vapeur. À travers elle, je distinguai un grand jacuzzi où Charles Varan-Beaulieu, complètement nu, barbotait avec des courtisanes obèses, pinçant leur lourds tétons fripés en ricanant. À chaque pincement, le mamelon laissait échapper un mince rayon de lumière qui se projetait contre la grande mosaïque du fond de la salle d’eau. Ce rayon diffusait alors des images d’un vieux film en noir et blanc des années 1930, révélant que les adipeuses protubérances ubérales des courtisanes cachaient de véritables projecteurs de cinéma, que Charles Varan-Beaulieu manipulait à sa guise. Certains des personnages que les tétons projetaient sur la mosaïque, des hommes en complets et chapeaux de feutre, s’échappaient du cadre bidimensionnel de l’écran pour plonger dans l’eau et venir barboter dans le jacuzzi. Inversement, les baigneurs qui se trouvaient préalablement dans le bain pouvaient grimper dans le film : les ventripotentes courtisanes ne s’en privaient pas, se hissant péniblement sur les trottoirs de la fiction, leur graisse se délavant progressivement pour passer en noir et blanc et se mêler aux protagonistes du métrage. Le ministre lui-même, riant à gorge déployée, bondit dans le film, devint noir et blanc, et se mit à distribuer de puissantes accolades aux épouvantails en deux dimensions qui peuplaient le plan. Odilon s'agitait aussi dans le jacuzzi, brassant rageusement la surface de l’eau en ébullition, comme s’il cherchait quelque chose. Il me vit et me cria :
- Hippolyte ! Où est le derrière les fagots ?
- Le quoi ?
- Le derrière les fagots ! Où est le derrière les fagots ?
- Mais qu’est-ce que le derrière les fagots ?
- Tu sais très bien ce qu’est le derrière les fagots, c’est toi même qui m’en a parlé !
- Je ne vois vraiment pas.
Odilon plongea sous l’eau. Enjambant le rebord du bassin, je traversai la surface grumeleuse et mousseuse pour sonder à mon tour les profondeurs du jacuzzi. Je remarquai avec étonnement qu’il était tout à fait possible de respirer sous l’eau. Le bassin était extrêmement profond, je n’en voyais pas le fond. Je nageai à la verticale, avec une grande facilité, suivant Odilon. Les policiers avaient plongé à ma suite et progressaient plus vite dans la direction de mon colocataire. Nous progressâmes ainsi une dizaine de minutes, croisant toutes sortes de poissons : des silures, des espadons, des brochets, des thons, mais aussi des êtres amphibies non identifiés, dont certains ressemblaient à des requins, mais dotés de barbes, de moustaches et de noeuds papillon quand d’autres ne s’apparentaient à rien de connu, des poissons-cyclopes aux corps tubulaires, aux branchies hélicoïdales, clignotant en changeant de couleurs. Les policiers qui nageaient avec moi, se remémorant les directives du ministre capturèrent certains poissons en les enfournant dans de grands sacs. Nous finîmes par discerner le fond de l’eau : c’était un grand sol carrelé, sur lequel vibrait une énorme palourde, à côté de laquelle on pouvait lire, sur un panneau : “Le Derrière les fagots”.
Odilon toucha le sol carrelé et se dirigea vers la palourde. Il attrapa les valves de la coquille du bout des doigts et tenta de les écarter de toutes ses forces. Les policiers arrivèrent à ses côtés et lui prêtèrent main forte, mais la palourde résistait. Épuisés, Odilon et les policiers lâchèrent les valves. Mon colocataire se tourna vers moi et me dit :
- Il faut lui donner le mot de passe, tu ne t’en souviens pas ?
Après réflexion, je proposai, en chantonnant :
“Ne reviens jamais, horrible tango,
Qui sent le mégot et la pompe funèbre”
Le visage d’Odilon s’illumina et il chanta avec moi :
“Tes airs langoureux, pour faux amoureux,
Et ton rythme creux, me cassent les vertèbres…”
La palourde écarta lentement ses valves, Odilon et moi nous engouffrâmes à l’intérieur. Les policiers voulurent nous suivre mais la palourde les mordit et les recracha, se refermant sur nous. L’intérieur de la palourde était une petite pièce chaleureuse, à l’éclairage tamisé, couverte de papier peint à motifs végétaux, verts et dorés, très raffinés. Contre le mur de droite, un gros poêle bourdonnait, et contre celui de gauche, sur un secrétaire XVIIIème, chatoyait un magnifique gramophone à cornet, semblable à celui par lequel s’était exprimé le Narguile Khaloud du passé quand j’avais rendu visite au Narguile Khaloud du présent. Au milieu de la pièce, sur un fauteuil, le bouc-cerf, en robe de chambre et pantoufles, lisait le journal en fumant la pipe. Comme dans le rêve précédent, son visage était à moitié calciné, découvrant une partie des os de son crâne et de sa cervelle. En nous voyant arriver, il replia son journal, mais j’eus le temps de lire les gros titres de l’article en une : “ASA NISA MASA”, accompagnés par la photographie de deux enfants qui creusaient un trou.
- Bienvenue à tous les deux, nous dit-il. Nous avons été interrompus la dernière fois.
- Bonjour monsieur le bouc-cerf.
- Vous êtes venus avec des intrus.
- Nous n’avons pas eu le choix, monsieur le bouc-cerf, m’écriai-je. Ils ont forcé Odilon, il lui ont injecté un somnifère pour prendre d’assaut la forteresse de ses songes.
- Comment ? dit Odilon, de quoi parles-tu ?
- Je sais, répondit calmement le bouc-cerf. Ne vous inquiétez pas, nous nous occupons d’eux.
Puis il posa son doigt velu sur ses lèvres à moitié décharnées, nous incitant à nous taire. Il nous mima quelque chose en décrivant des arabesques avec ses mains. Le geste était obscur, mais nous le comprîmes immédiatement. Nous étions sur écoute. Très précautionneusement, afin de ne faire aucun bruit, il se leva de son fauteuil, et, sur la pointe des pieds, actionna le gramophone. La voix du bouc-cerf préenregistrée résonna dans la pièce :
“Cher Odilon, cher Hippolyte, laissez-moi vous dire que les petits ruisseaux font les grandes rivières et qu’une âme bien trempée ne craint pas les vouivres du désespoir et les ténias de la démence. Les principes du Bushido ne doivent pas être confondus avec le développement personnel et la Révolution n’est pas un dîner de gala…”
Pendant que la voix enregistrée déblatérait ses apophtegmes, le bouc-cerf nous désigna deux tout petits trous dans le mur de papier peint situé derrière son fauteuil, nous incitant à y presser nos orbites. Nous nous exécutâmes. Par le petit trou, je distinguais une autre chambre, très étroite, très basse de plafond, mais extrêmement profonde, au point que le mur du fond se situait hors de ma vue. Le sol était tapissé de feuilles mortes. Une femme était allongée là, nue, au milieu de deux hommes, habillés en smokings. Je reconnus les deux hommes : il s’agissait d’Odilon et de moi-même. La femme dormait mais Odilon et moi étions éveillés. Elle était plutôt jolie, mais avec un nez étrange, biscornu, comme cabossé, une poitrine chétive et de longs poils vaporeux sous les aisselles et sur le pubis, ondulant comme sous l’effet d’un vent qu’on ne sentait pas souffler. Odilon et moi (enfin, ces doubles d’Odilon et de moi-même qui nous faisaient face), la regardions. Puis, lentement, je me vis baisser mon pantalon et mon caleçon et pénétrer la femme endormie, qui ne broncha pas. Je me regardai la besogner pendant quelque temps, sans émettre le moindre bruit. Mon double se retira. Odilon répéta le même rituel, tout aussi silencieusement, et sans trahir la moindre expression. Nous nous vîmes nous rhabiller, puis, au loin, parvenus du fond de cette pièce secrète, deux enfants munis de pelles, deux petits garçons, firent leur entrée. Je les reconnus. Il s’agissait des deux enfants que je venais d’apercevoir en photo sur la une du journal que le bouc-cerf lisait au moment où nous étions entrés dans la palourde. Les deux enfants parvinrent derrière nos doubles et se mirent à creuser le sol couvert de feuilles mortes avec leurs pelles. Leur mouvement fut comme passé en accéléré, mais avec une vitesse très saccadée, comme si certains instants de leur action nous étaient dérobés, comme si nous regardions une vieille bobine de film dont il manquait des photogrammes. Quand les deux enfants eurent fini de creuser et qu’un trou de cinq ou six mètres s’ouvrait sous leurs pieds, les doubles d’Odilon et de moi-même soulevèrent la femme endormie par les mains et par les pieds et la jetèrent dans le trou. Puis, ils s’y glissèrent eux-mêmes. Le temps s’accéléra et se saccada à nouveau, les deux enfants rebouchèrent le trou avec la terre pelletée, jusqu’à ce que la femme endormie, le double d’Odilon et mon double aient complètement disparus sous terre.
Le bouc-cerf nous tapota les épaules. Sa voix enregistrée parvenait toujours du gramophone, citant des extraits du Yi-King. Le bouc-cerf nous fit signe de nous éloigner du mur. Nous reculâmes tandis qu’il arrêtait le gramophone et reprenait la parole :
- Vous savez désormais quelle sagesse doit être la vôtre et quelle voie vous devez suivre. Ne perdez pas de temps. Poursuivez votre route et montrez vous digne de votre destin.
Pendant qu’il prononçait ces mots, il nous tendit discrètement à chacun une petite enveloppe qu’il nous fit signe de cacher dans nos poches. Puis, la coquille de la palourde s’ouvrit. À l'extérieur, les policiers bondirent en nous voyant apparaître. Le bouc-cerf avait disparu. L’un des policiers s’écria :
- Que s’est-il passé ? Qu’y avait-il à l’intérieur ?
- Rien, répondit Odilon. Rien que cette petite pièce. Nous étions enfermés, nous ne parvenions pas à sortir.
Les policiers nous bousculèrent et fouillèrent la pièce de fond en comble. L’un d’entre eux s’empara du gramophone et le glissa dans le sac où il avait capturé les poissons. Les deux autres ruèrent dans le mur de papier peint qui se fissura aussitôt et s’effondra. Mais de l’autre côté, nulle trace de la pièce où s’était déroulé l’étrange rituel auquel nous avions assisté. À la place, il n’y avait qu’un petit cagibi rempli de paille. Odilon et moi sortîmes de la palourde. Un bus roula vers nous en cahotant. Marinacci le conduisait. La porte du bus s’ouvrit et il nous cria :
- C’est bientôt l’heure du dîner. Dépêchez-vous.
Nous montâmes dans le bus, suivis par les trois policiers qui traînaient leur butin. Le bus démarra et prit son envol, quittant le fond du jacuzzi pour se hisser à la surface. Alors qu’il s’arrachait aux abysses, nous observâmes avec mélancolie les bancs de poissons fantasmagoriques qui défilaient en nous ignorant souverainement. Le bus finit par refaire surface dans la salle d’eau où Charles Varan Beaulieu suçait le sein généreux d’une des courtisanes obèses, prostré dans ses bras comme un nourrisson. Marinacci klaxonna en lui criant :
- Monsieur le ministre, sortez de votre torpeur, c’est bientôt l’heure du dîner.
Le ministre reprit ses esprits. Très gêné, il se décolla du sein de la courtisane, et, après avoir récupéré son costume sur le rebord du jacuzzi et s’être rhabillé, monta dans le bus. Le bus rampa hors du jacuzzi et traversa les rideaux de velours, revenant dans la salle d’attente où l’échauffourée avait pris fin. Les policiers d’élite, le préfet de police Hector Truffe, le brigadier Ferdinand, les journalistes Tanguy Suarez et Philibert-Adolphe Quang dansaient lentement le tango avec des femmes enceintes, tandis que Charles Trénet, débout sur une chaise, roucoulait sa sempiternelle rengaine :
“Ne reviens jamais, horrible tango,
Qui sent le mégot et la pompe funèbre.
Tes airs langoureux pour faux amoureux
Et ton rythme creux, me cassent les vertèbres…”
Marinacci klaxonna à nouveau en criant à la cantonade.
- Allez tout le monde, en route mauvaise troupe ! C’est bientôt l’heure du dîner !
Les danseurs, égarés, cessèrent de gyrer, se regardant avec gêne. Ils déposèrent de courtois baisers sur les mains de leurs cavalières et grimpèrent dans le bus. Quand tout le monde fut assis, Marinacci appuya sur un gros bouton rouge et nous fûmes propulsés de nos sièges, à travers le trou. Nous atterîmes tous avec fracas sur le plancher de la chambre d’Odilon, tandis que ce dernier ouvrait les yeux et s’étirait.
À suivre...
L'épisode 9, "Enfoncer la porte ouverte", paraîtra le mardi 6 janvier.
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